Nouvelles

7 mai 2013:
Occultation d'une étoile par Pluton depuis le Maroc.

Samedi 4 mai matin vers 8h30, heure du Maroc, les astronomes Emmanuel Jehin, Cyrielle Opitom et Alice Decock ont observé à distance l'occultation d'une étoile par la planète naine Pluton. Ils se trouvaient en effet à Marrakech pour l'école d'astronomie OISA 2013 consacrée aux petits corps du Système solaire (comètes, astéroïdes...). Devant quelques lève-tôt, ils ont pris les commandes du télescope TRAPPIST et ont réussi à observer en direct ce phénomène très rare, démontrant ainsi les capacités de cet instrument de 60 cm, basé à l'observatoire de La Silla au Chili, et entièrement pilotable à distance.
La courbe de lumière de presque 5 minutes met bien en évidence la très fine atmosphère de Pluton (baisse progressive de l'éclat de l'étoile) ce qui, grâce également à d'autres observations réalisées en même temps au VLT à Paranal et sur d'autres sites d'Amérique du Sud, permettra d'étudier l'évolution de l'atmosphère de Pluton, découverte dans les années 80.

http://www.cieletespace.fr/node/10396


Courbe de Lumière de l'étoile occultée par Pluton

24 avril 2013:
Une moisson d'exoplanètes pour le télescope robotique TRAPPIST.

Parmi les nombreuses planètes détectées en orbite autour d'autres étoiles (exoplanètes) durant ces vingt dernières années, un peu moins de trois cents passent périodiquement devant leur étoile. C'est ce que les astronomes appellent un transit planétaire. L'un des objectifs scientifiques du télescope liégeois TRAPPIST est la détection et l'étude d'exoplanètes via la mesure précise de leurs transits. En à peine trois ans, il a déjà pleinement démontré son excellent potentiel dans ce domaine. En effet, TRAPPIST a participé à la détection d'une trentaine de planètes, ce qui représente 10% de toutes les exoplanètes en transit connues à ce jour !
La revue Astronomy and Astrophysics vient de publier un article sur les deux dernières exoplanètes co-détectées par TRAPPIST

http://www.ulg.ac.be/cms/c_3002712/fr/une-moisson-dexoplanetes-pour-le-telescope-robotique-trappist


"Portrait de famille" des planètes co-détectées par TRAPPIST avec leurs tailles relatives respectives comparées à celles de Jupiter, Neptune et la Terre. Plus la couleur est rouge, plus la température de la planète est élevée.

2 avril 2013:
TRAPPIST montre que notre nouvelle voisine possède une météo très instable.

Il y a peu fut annoncée la découverte d'un astre double situé à seulement 6.6 années-lumière, en faisant le 3e système le plus proche du Soleil. Ce nouveau voisin est composé de deux naines brunes, soit des objets plus légers que des étoiles et qui, contrairement à ces dernières, ne sont pas assez massifs pour entretenir des réactions nucléaires dans leur cœur. Ces deux naines brunes, nommées Luhman-16A et B, orbitent l'une autour de l'autre avec une période d'environ 25 ans. Etant donnée leur faible température ~1200K, leurs atmosphères étaient susceptibles de contenir des systèmes nuageux très instables capables d'engendrer des variations importantes de la brillance apparente des deux astres en des temps très courts, d'à peine quelques heures. Grâce à TRAPPIST, nous avons pu vérifier cette prédiction théorique pour la naine brune la plus froide, Luhman-16B. Nos données montrent nettement des variations semi-périodiques de la brillance de l'astre avec une période de ~5h qui correspond à sa période de rotation (les naines brunes sont connues pour tourner comme des toupies). Elles montrent également une évolution très rapide de ces modulations, qui s'explique par la très grande instabilité des structures nuageuses de la naine brune. L'observation d'une évolution "météo" aussi rapide est une première pour une naine brune.

http://arxiv.org/abs/1304.0481

15 janvier 2013:
L'astéroïde Belgica est double

En se basant sur un mois d'observations photométriques, les astronomes ont découvert que l'astéroïde (1052) Belgica est double, avec une période de révolution d'environ deux jours. Certains y voient un signe prémonitoire de la scission de notre pays. Belgica avait été découvert en 1925 à Uccle par Eugène Joseph Delporte. Il existe aussi un astéroïde Wallonia (3198), découvert par le Liégeois François Dossin en 1981 à l'observatoire de Haute-Provence.
L'astéroïde (1052) Belgica photographié le 9 janvier 2013 avec le télescope TRAPPIST. Superposition de cinq poses de 2 minutes montrant que l'astéroide se déplace sur le fond étoilé dû à son mouvement autour du Soleil.

21 novembre 2012:
TRAPPIST sur les traces de Makémaké

Grâce aux observations du télescope TRAPPIST qui s'est associé aux télescopes géants de l'ESO au Chili (VLT) , les chercheurs en savent un peu plus sur Makémaké, cet astre énigmatique, témoin de la formation du système solaire il y a 4,6 milliards d'années. Pour ce faire l'équipe liégeoise a réussi à observer un phénomène extrêmement rare : la disparition d'une faible étoile (durant presque une minute), suite au passage de la petite planète exactement devant l'étoile. En combinant ces observations avec celles de six autres télescopes au Chili et au Brézil, la taille de la planète naine, située à 7,8 milliards de km, a pu être déterminée à quelques kilomètres près (1502x1430km)! Ces observations ont également permis d'exclure la présence d'une atmosphère alors qu'au vu de sa ressemblance avec Pluton, on pouvait s'attendre à ce que Makémaké en possède une. Un résultat étonnant qui montre qu'on n'est encore bien loin de comprendre la composition de ces mondes lointains.
Les travaux de l'équipe internationale d'astronomes pilotée par José Luis Ortiz (Instituto de Astrofisica de Andalucia, CSIC, Espagne) viennent d'être publiés dans la revue Nature.

http://www.ulg.ac.be/cms/c_2584076/trappist-sur-les-traces-de-makemake
http://www.eso.org/public/france/news/eso1246/
http://apod.nasa.gov/apod/ap121226.html
http://www.youtube.com/watch?v=L9T3ztUUIto

15 Octobre 2012:

Une nouvelle webcam a été installé pour regarder TRAPPIST depuis l'extérieur et controler la qualité du ciel.


10-25 octobre 2012:

Mission de maintenance à la Silla en vue d'upgrader l'instrumentation : installation de deux nouvelles roues à filtres, un nouveau système de mise au point et un nouveau mirroir secondaire.

http://www.ati.ulg.ac.be/TRAPPIST/Trappist_Main_Fr/Galerie/Pages/Mission-Octobre2012.html#0

24 septembre 2012:
La nouvelle comète ISON pourrait devenir une des plus grandes comètes jamais observées

Cette comète découverte le 24 septembre dernier pourrait nous réserver un spectacle céleste éblouissant à la fin de l'année prochaine, quand elle sera si brillante qu'on pourrait même la voir en plein jour ! A son périhélie, attendu le 28 novembre 2013, la comète passera à seulement 1,2 millions de km de la surface du soleil et pourrait se transformer en un objet très lumineux comme l'ont fait plusieurs comètes de ce type. Après le pasage au périhélie, la comète se déplacera vers le nord et sera visible à l'oeil nu durant tout le mois de décembre à la fois dans le ciel du soir, après le coucher du soleil et le ciel du matin, avant le lever du soleil. Quelle brillance aura exactement la comète et quelle taille fera sa queue, personne ne peut le dire précisément mais tous les ingrédients semblent réuni pour avoir une comète exceptionnelle.
aspect très intéressant de cette nouvelle comète est que son orbite est très semblable à celle de la "Grande Comète de 1680", ce qui suggère que la comète ISON et la Grande Comète de 1680 pourraient être liées ou peut-être même le même objet.

Mars 2012:
Mission de maintenance à la Silla

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19 décembre 2011:
Quelle vie extraterrestre ?

Interview de Michaël Gillon et Emmanuël Jehin (astrophysiciens et chercheurs qualifiés au FNRS - ULg) et d'Emmanuelle Javeaux (Dépt de Géologie de l'ULg et spécialisée en astrobiologie) par Fabienne Vande Meerssche au Forum de Midi (RTBF) de ce 19 décembre suite à la découverte de la planète Kepler 22. Thèmes abordés : les exoplanètes, zone d'habitabilité, origine de la vie, vie dans l'univers etc.

http://www.groupeastronomiespa.be/forum_de_midi_191211.mp3

8 novembre 2011:
L'astéroïde 2005 YU55 passe entre la Terre et la Lune !

L'astéroïde 2005 Y555 est passé dans la nuit du 8 novembre à seulement 319 000 kilomètres de la surface de la Terre, soit moins que la distance séparant notre planète de la Lune. Sa vitesse est estimée à 46 600 km/h. Cet astéroïde se trouve sur une orbite qui le fait passer à intervalles réguliers dans le voisinage de la Terre, de Vénus et de Mars. Mais mardi, il a croisé au plus près de notre planète depuis au moins 200 ans. La prochaine fois qu'un astéroïde aussi grand devrait s'approcher à une distance comparable de la Terre sera en 2028. Les images radar ont révélé un corps sphérique de 400m de diamètre. Avec TRAPPIST, dont un des objectifs est l'étude des petits corps du système solaire, nous participons à une campagne d'observation internationale afin de caractériser au mieux ce dangereux petit voisin. Nous avons pu suivre son déplacement à très grande vitesse au cours de ce rapprochement et prendre plusieurs centaines d'images. L'image ci-contre montre le déplacement de l'astéroïde au-centre de l'image. Le télescope suit l'astéroïde qui se déplace à grande vitesse, les étoiles sont donc "filées".


Astéroïde 2005 YUSS croise la Terre

27 october 2011:
Eris, dévoilée par le télescope liégeois TRAPPIST

C'est un évènement unique que nous avons eu l'occasion d'observer le 6 novembre 2010 avec notre télescope robotique, TRAPPIST, installé à l'observatoire de la Silla au Chili. La planète naine Eris, le corps le plus lointain du système solaire, situé à 14 milliards de km du Soleil soit trois fois plus loin que Pluton, est passée exactement devant une étoile dont elle a éteint l'éclat pendant une trentaine de secondes (news du 06 Nov 2010). Cet évènement improbable, appelé occultation, également observé depuis un autre site dans le Nord du Chili a permis de mesurer la taille de la lointaine planète avec une précision inégalée (1163+-6km de rayon). Ce résultat est publié aujourd'hui dans la revue Nature (Sicardy et al. 2011). Eris est finalement sphérique et de la même taille que Pluton (1150-1200 km) et non pas plus grande comme on le pensait depuis sa découverte (ce qui avait conduit à la déclassification de Pluton en tant que planète en 2006). Sa densité a été revue à la hausse : il s'agit d'une petite planète rocheuse à 85% et non d'une planète de glace comme Pluton ce qui a des conséquences sur la formation du système solaire. Finalement, sa surface, avec un albédo de 96% est l'une des plus réfléchissantes du système solaire ! L'explication se base sur l'absence d'atmosphère qui aurait gelé à la surface d'Eris.


crédit/ESO

Article dans la revue Nature : http://www.nature.com/nature/journal/v478/n7370/full/nature10550.html#f2
Press release ESO : http://www.eso.org/public/belgium-fr/news/eso1142/
Article publié sur le site Réflexions de vulgarisation scientifique l'université de Liège :
http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_39797/eris-la-lointaine-jumelle-de-pluton
Article dans Sky & Telescope : http://www.skyandtelescope.com/news/Eris-and-Pluto-Does-Size-Matter-132755658.html

23 Août 2011:
Remplacement du système de roulement du dome (18-31 août 2011)

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7 Juin 2011:
La double occultation de Pluton et Charon du 4 juin 2011

Ce 4 Juin 2011, l'équipe liégeoise du télescope TRAPPIST a réalisé une observation unique dans des conditions d'observation particulièrement difficiles ! La planète naine Pluton et son satellite Charon ont en effet successivement occulté (c'est-à-dire caché) une très faible étoile. Les observations ont été effectuées à distance depuis la Belgique par E. Jehin avec TRAPPIST, le télescope robotique liégeois de 0.60m, installé en 2010 à l'observatoire de La Silla au Chili. Charon a été le premier à occulter l'étoile pendant environ 50 secondes vers 05h30 TU et, environ 12 minutes plus tard, Pluton a, à son tour, occulté la même étoile pendant environ 2 minutes. La courbe de lumière de haute qualité (voir image ci-dessous) montre les deux événements et révèle la différence frappante entre un corps ayant une atmosphère (Pluton) et un qui en est dépourvu (Charon). L'atmosphère de Pluton est en fait détectée jusqu'à une altitude de quelques centaines de km au-dessus de la surface de Pluton. C'est la première fois qu'une double occultation est enregistré depuis un même endroit. Le phénomène a pu être observé depuis plusieurs sites en Amérique du Sud (à l'observatoire SPACE situé à San pedro de Atacama au Chili et à l'observatoire Pico del Dias au Brésil), au cours d'une campagne organisée par une équipe de l'Observatoire de Paris (Sicardy et al.). La confrontation de ces différentes données fournira des informations précieuses sur les paramètres de l'orbite de Charon, la taille de chaque objet et l'atmosphère de Pluton. TRAPPIST avait déjà permis, le 6 novembre dernier, d'observer la première occultation de la planète naine Eris jamais enregistrée (E.Jehin et al. IAUC 9184; Sicardy et al 2011, soumis à Nature).


Courbe de lumière de l'étoile occultée (en rouge) montrant deux baisses de flux. La première, de forme abrupte, est due au satellite Charon dont la taille est estimée à environ 1200 km. La deuxième, deux fois plus longue est due à Pluton qui a un diamètre de 2350 km. La forme courbe de cette occultation révèle la présence d'une atmosphère qui réfracte la lumière de l'étoile d'arrière plan. Les courbes en bleu sont des étoiles de référence pour contrôler la transparence du ciel qui était excellente.

15 Avril 2011:
Deux nouveaux astéroides découverts par des étudiants de l'Université de Liège

Dans le cadre d'un cours d'astronomie sur les petits corps du système solaire (comètes et astéroides), dispensé par E. Jehin pour le Master en Sciences spatiales de l'ULg, des étudiants de l'ULg ont découvert deux nouveaux astéroides. C'est au cours de travaux pratiques en utilisant le télescope robotique liégeois TRAPPIST, installé au Chili, que cette découverte a été réalisée. Après les avoir suivis plusieurs nuits et avoir calculé leur orbite, ces astéroïdes ont été confirmés par l'Union Astronomique Internationale. Ils ont reçu les dénominations provisoires K11FE9A (ou 2011 FA149) et K11FE9B (ou 2011 FB149). Ces deux astéroides se trouvent dans la ceinture principales d'astéroides entre Mars et Jupiter. Le premier mesure à peine 1 km de diamètre et le second pourrait être aussi gros que 4 ou 5 km. Ils tournent respectivement en 4,2 ans et 5,6 ans autour du Soleil à des distances moyennes de notre étoile de 390 et 470 millions de km. Avant de pouvoir leur donner un nom définitif il faudra pouvoir les retrouver dans les prochaines années lorsqu'ils reviendront en opposition avec le Soleil. Félicitations à Valentin Christiaens, Marc Levesque, Cyrielle Opitom, Laetitia Delrez, Lorraine Braibant et Emilie Gloesener.


Les images de la découverte de l'astéroide K11FE9A le 31 mars. On aperçoit son déplacement parmi les étoiles au cours de cette séquence d'images de 20 minutes.

16 Mars 2011:
Première participation de TRAPPIST à la détection d'une exoplanète

TRAPPIST a contribué à la détection de l'exoplanète WASP-23b. Cette planète est une géante gazeuse de masse et de taille très proches de celles de Jupiter. Elle orbite à moins de 0.04 unités astronomiques de son étoile. Cette dernière est plus froide et plus petite que le Soleil et est située à environ 600 années-lumière dans la constellation australe de la Poupe. Les données TRAPPIST ont permis de confirmer l'existence de la planète, d'abord détectée par le programme WASP, et d'en mesurer précisémment la taille.
Pour plus d'info, voir http://arxiv.org/abs/1103.2603


Transit de l'exoplanète WASP-23b (Triaud et al. 2011)

14 Février 2011:
Le code d'observatoire de TRAPPIST est I40

Le "Minor Planet Center" a attribué le code officiel I40 à l'observatoire TRAPPIST !


2 Février 2011:
TRAPPIST retrouve la comète 9P/Tempel 1.

Ce minuscule éclat de lumière, perdu dans un champ stellaire dense de la Voie Lactée et qui a une intensité 10 000 fois plus faible que les plus faibles étoiles visibles à l'oeil nu, est la comète périodique 9P/Tempel 1. Cette comète a été la cible de la mission de la NASA Deep Impact en 2005 qui a envoyé un projectile de 500 kg de cuivre sur le noyau de la comète dans le but d'étudier les matériaux libérés suite à l'explosion.
Presque 6 ans plus tard, le 14 février 2011, la comète de 5km de diamètre sera revisitée par la sonde spatiale Stardust-Next qui, il y a plusieurs années, avait récolté des grains de poussières dans la queue de la comète 81P/Wild 2 pour les ramener sur Terre.
Un des objetifs de la nouvelle mission de Stardust sera de prendre des clichés du cratère formé par Deep Impact en 2005, un cratère qui, jusqu'à ce jour, n'a pas encore été observé.
Les images de la comète, actuellement située à 2.6 UA de la Terre et perdue dans l'éclat du Soleil levant, ont été obtenues avec TRAPPIST à la demande de l'équipe de la NASA chargée du pilotage de la sonde Startdust-Next. En effet, la mesure précise de la position de la comète sur ces images permettra de savoir si des corrections d'orbite sont nécessaires avant le rendez-vous du 14 février.


Animation montrant le déplacement de la comète 9P/Tempel 1 sur le fond étoilé en 15 minutes.

21 décembre 2010:
L'astéroïde qui voulait être une comète.

Le 11 décembre 2010, l'astéroïde Scheila (596) a été observé au centre d'une petite nébulosité, comme s'il s'agissait d'une comète. D'aucun soutiennent depuis quelques années que des comètes se cacheraient au sein de la ceinture principale d'astéroïdes. Cette "ceinture principale de Comètes" (Main Belt Comets), dont l'existence a récemment été postulée par une équipe américaine, serait en fait une population de comètes, qui se seraient formées dans la région extérieure de la ceinture principale d'astéroïdes. Quelques-unes d'entre elles auraient été découvertes mais il pourrait y en avoir des milliers d'autres. Elles sont difficiles à détecter en raison de leur très faible activité. On n'a d'ailleurs toujours pas montré l'exitence d'une coma de gaz autour de ces objets, ce qui serait une preuve définitive comme origine comète. Une observation récente a également mis en évidence que le gros astéroïde Themis avait de la glace d'eau en surface. Ces observations sont vraiment très intéressantes car elles montrent que les comètes et les astéroïdes pourraient avoir plus de liens entre eux.
Scheila est-elle un astéroïde de la MBC ? La détection de gaz dans sa coma pourrait être décisive. En effet l'activité cométaire est déclenchée par la sublimation de l'eau et d'autres glaces comme le CO et le CO2 du au rayonnement solaire. Jusqu'à présent, aucun objet de la MBC comportant du gaz n'a été observé et certains affirment que ces objets seraient plutôt des astéroïdes activés suite, par exemple, à une collision produite avec un autre astéroïde plus petit. Scheila a été observée par TRAPPIST pendant une semaine au travers de filtres à bandes étroites et aucune espèce gazeuse n'a été détectée. Cette observation est confirmée par les spectres enregistrés par notre équipe avec le VLT (Very Large Telescope) de l'ESO et non encore publiés. Tout comme l'objet P/2010 A2 observé plus tôt cette année, Scheila ne semble pas être une comète. Sa coma est probablement le résultat d'un impact astéroïde-astéroïde. En effet, la coma s'estompe de jour en jour. Suite des informations dans nos prochaines news !

(596) Scheila
http://adsabs.harvard.edu/abs/2011CBET.2632....2J
Jehin, E.; Manfroid, J.; Hutsemekers, D.; Gillon, M.; Magain, P.


L'astéroïde Scheila entouré d'un nuage de poussière

6 Novembre 2010:
TRAPPIST et la planète naine Eris.

Une grande première a été réalisée par TRAPPIST dans la nuit du 6 Novembre 2010 ! Emmanuël Jehin est devenu le premier astronome à observer une occultation stellaire par la planète naine Eris. La planète a occulté une étoile de magnitude 15 pendant 30 secondes. Cette observation invraisemblable, combinée à celle réalisée à San Pedro de Atacama par Alain Maury et son équipe à 600 km de là, va permettre de mesurer la taille d'Eris à quelques dizaines de kilomètres près. Jusqu'à présent, sa taille n'était connue qu'avec une précision de quelques centaines de kilomètres ! Jamais une occultation par un corps aussi lointain n'avait été observée : il est situé à une distance de 14 milliards de kilomètres soit 3 fois plus loin que Pluton !

Emmanuël Jehin & others / TRAPPIST Observatory
http://www.skyandtelescope.com/news/106861063.html
E. Jehin, J. Manfroid, M. Gillon, D. Hutsemekers, and P. Magain, "Occultation by (136169) Eris", 2010 IAUC 9184.


Images taken every 4,5 seconds clearly show the brief disappearance of a star behind the dwarf planet Eris on November 6, 2010 (Universal Time).

4 Novembre 2010:
Campagne d'observation de la comète 103P/Hartley 2:

TRAPPIST prend part de façon active à une campagne d'observation internationale de la comète Hartley 2, une comète de la famille de Jupiter qui a été survolée aujourd'hui par la sonde spatiale EPOXI de la NASA. EPOXI a envoyé vers la Terre des images spectaculaires montrant des jets puissants provenant du noyau minuscule en forme de cacahuète (2km). Pendant ce temps, chaque jour, de nombreuses observations sont collectées par TRAPPIST au travers de filtres cométaires spéciaux dans le but de définir la composition de la comète et de suivre son activité au cours du temps.
Deux éléments ont déjà pu être mis en évidence : la période de rotation du noyau de 18,2 heures et un ralentissement de la vitesse de rotation au fil du temps.

Jehin, E.; Manfroid, J.; Hutsemekers, D.; Gillon, M.; Magain, P, "Comet 103P/Hartley", 2010 CBET 2589
http://www.nasa.gov/mission_pages/epoxi/epoxi20101104b.html


Comet 103P/Hartley2 on Oct. 31 through the various narrow band cometary filters (from left to right the images reveal the distribution of the radicals OH, CN, C3, C2, GC and the ion H2O+)

8 Juin 2010:
Première lumière pour TRAPPIST !

Notre nouveau télescope robotique situé à l'observatoire « La Silla » de l'Observatoire Européen Austral (ESO) au Chili, a réalisé sa première lumière la nuit dernière. TRAPPIST (TRAnsiting Planets and Planetesimals Small Telescope) est consacré à l'étude des systèmes planétaires selon 2 approches : d'une part la détection et la caractérisation des planètes situées en dehors de notre Système Solaire (expolanètes) et d'autre part l'étude des comètes gravitant autour du Soleil. C'est un télescope de 60-cm qui est piloté depuis une salle de contrôle à Liège, en Belgique, soit à près de 12 000 kilomètres du lieu d'observation.
Cette "first light" comme disent les astronomes a été obtenue depuis le centre ville de Liège en présence du recteur de l'Université Monsieur Bernard Rentier, de Didier Queloz de l'Observatoire de Genève, de l'équipe TRAPPIST ainsi que des journalistes. C'est la célèbre Nébuleuse de la Tarentule qui a été prise pour cible en direct pour cet évènement.

http://www.ulg.ac.be/cms/c_470567/trappist-va-brasser-le-ciel
http://www.eso.org/public/news/eso1023/


TRAPPIST first light image of the Tarantula Nebula in the Large Magellanic Cloud.


Contact: trappist@astro.ulg.ac.be